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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/223

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VIE DE MÉLANIE

trai mon sifflet et je sifflai, puis je lui dis : « Voyez, bon Frère, comme je siffle et devinez ce que dit mon sifflet ». Il me répondit : « Il a dit : amour, venez ! » — « Ah ! vous avez deviné. Devinez cette fois, il va dire une chose difficile », et je siffle… « Qu’est-ce qu’il a dit ? » — « Je vois ma voie entourée d’épines ». — « Ah ! vous devinez donc toujours ! » — « Eh ! bien, dit mon Frère, c’est à mon tour de vous faire deviner ; donnez-moi le sifflet. Devinez, ma chère sœur ». Il siffle : « Je te salue pour mes frères, ô sang immaculé de l’Homme-Dieu, monnaie précieuse du rachat des pécheurs. » — « Oh ! oh ! dit la Sauvage, vous avez sifflé beaucoup de temps et je ne puis pas deviner ». — « Ah ! dit mon doux Frère, cette fois-ci, je sifflerai plus court, » et il siffle plus court, mais bien plus fort et en riant : « Voici l’Époux, tenez-vous debout ! » — « Sœur de mon cœur, qu’a dit le sifflet ? » La Louve en hésitant, dit : « Mon Frère, vous avez peut-être dit : « Voici Jésus et vous n’avez rien fait de bon. » — « Oh ! (et en riant de tout cœur) : vous n’y êtes qu’à moitié, vous n’avez pas tout deviné : c’est encore à moi à siffler. » Et ce jeu continua jusqu’à ce qu’il disparut.