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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/221

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VIE DE MÉLANIE

Sans doute qu’il y avait de la neige, mais à bien des endroits l’herbe se faisait voir. Quelques heures après j’entendis des sifflements, puis des cris, des pleurs et des lamentations qui venaient du bas de la montagne ; mes brebis effrayées venaient en courant près de moi et se groupaient. Je regardais de tous côtés et voilà que je vois venir un loup avec sa proie aux dents, bientôt après un autre aussi avec une petite brebis. Vers le soir je sus que ce jour-là les loups avaient pris cinq brebis et tué un chien qui leur disputait une proie. Des cris alarmants se faisaient de plus en plus entendre : c’est que les gens du village avertis venaient prêter leur aide aux bergers tout en se lamentant ; mes maîtresses étaient du nombre. Je descendais de la montagne tout doucement avec mon troupeau. D’aussi loin qu’elles m’aperçurent elles me demandèrent le nombre de mes brebis mortes ; et sans attendre ma réponse que d’ailleurs, vu la distance, je ne pouvais pas donner, elles me grondaient pour n’avoir pas été vigilante et de ce que j’étais toujours sans un sifflet pour effrayer les loups, etc. Aussitôt que je fus près de mes maîtresses, elles me demandèrent avec anxiété combien les loups m’avaient mangé de