Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/22

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
XIV
VIE DE MÉLANIE

lui — combien de fois ! — dans les palais inimaginables du ciel ; stigmatisée dès l’âge de trois ans et, sans même le savoir, opérant, comme on respire, les miracles des plus grands saints ; — qu’on l’imagine, cette petite montagnarde du Dauphiné descendue à peine des montagnes de la Liturgie des cieux, interrogée sur les rudiments par un bonhomme de prêtre aussi éloigné d’elle, en réalité, qu’il pouvait l’être des fournaises de cette prodigieuse étoile, à peine visible encore, sur laquelle, depuis des milliers d’années, se précipite, assure-t-on, notre système solaire !…

« On l’envoyait ramasser du bois », dit-elle. Alors elle voyait « la Création des Anges innombrables, la rébellion d’un grand nombre, la Création d’Adam et d’Ève et leur chute… »

Que faire d’une pareille enfant ? Elle venait à peine de naître et déjà sa mère la haïssait. Cette haine étrange, hyperbolique, monstrueuse, que la narratrice par obéissance est bien forcée de mentionner tout en l’excusant ; cette aversion totale et soudaine pour une fille désirée avant sa naissance, fut elle-même une sorte de pro-