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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/217

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VIE DE MÉLANIE

moindre action méritoire pour mon salut. — L’immensité du Très-Haut me consolait, me ravissait. Oh ! douce et sublime connaissance de cette immensité de mon Dieu, tout en tout, immuable et absolument indépendant, donnant l’être, la vie, la croissance, la multiplication, la conservation à la nature et à tout ce qu’il y a dans la nature ! Oh ! beauté incomparable ! Oh !… mais laissons.

Un jour que ma mère cherchait partout, n’ayant pas trouvé ce qu’elle cherchait, elle m’appela et me dit que je lui avais pris l’anneau que sa mère lui avait donné, auquel elle tenait beaucoup. Comme je ne répondais rien (d’ailleurs elle ne m’avait pas interrogée) elle crut que je l’avais pris pour le donner à quelqu’un ; et me demanda à qui je l’avais donné. Je dis : « À personne. » Elle resta persuadée que je lui avais volé son anneau et que je le gardais pour moi. Elle avait ainsi, disait-elle, une bonne occasion de prouver, de persuader à mon père que je n’étais pas ce qu’il me croyait. Pendant environ un mois, ma chère mère me demandait son anneau en me disant des paroles mortifiantes, m’appelait menteuse, etc. Et elle ne me permit plus de sortir de la maison. Quand mon

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