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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/214

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VIE DE MÉLANIE

sortait par le nez et par la bouche. Je restai à terre jusqu’à ce que l’amie de ma mère vint me relever, car j’étais étourdie et ne savais où j’étais. De tout cœur, autant que j’en étais capable, je remerciais mon Amant cher Jésus pour cette précieuse faveur. Lorsque la personne venait pour me relever, ma chère mère lui disait de me laisser, que je n’en mourrais pas, que j’étais la cause qu’elle n’était pas dans sa maison, et cause aussi de tout ce qu’elle et ses enfants souffraient, etc., etc.

De grand matin le mari de l’amie de ma mère alla chez mon père, pour l’exhorter à recevoir ma chère mère : il se montra inflexible. Il demanda que je vienne pour avoir soin de la lingerie[1], de mes frères et de la maison. Je ne voulais pas laisser ma chère mère, mais je pensais qu’étant chez mon père j’aurais peut-

  1. Où cette enfant abandonnée avait-elle fait son apprentissage de lingère ? — On pourrait multiplier les questions de ce genre. Où apprit-elle instantanément à lire ? Qui lui apprit l’Italien qu’elle parle couramment et avec une correction parfaite en débarquant à Céphalonie pour diriger un orphelinat ? C’est que les connaissances diverses qui lui étaient indispensables, elle avait un Maître spécial pour les lui enseigner. Par contre, elle ignorait beaucoup de chose : l’art de compter, la nécessité de signer son testament pour qu’il fût valide…, etc.