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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/211

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VIE DE MÉLANIE

qu’il était triste, affligé. Qu’avait-il ? Je ne le sus qu’au moment où éclata une tempête entre lui et ma chère mère. Les parents de mon père et nos voisins avaient exagéré auprès de mon cher père ce qu’ils appelaient mon intolérable sort. Mon père était furieux contre ma chère mère et, ma mère s’imaginant que je m’étais plainte d’elle à mon père était fâchée contre moi…

Par respect pour la belle vertu de charité, je n’osais pas décrire la scène qui eut lieu ; mais votre Révérence a bien voulu m’éclairer à ce sujet en me disant que ma chère mère voulant me corriger n’était peut-être pas coupable à mon égard, Dieu ayant permis ce qui m’est arrivé pour mon salut éternel. Cela est bien vrai ; qu’en serait-il advenu de ma pauvre âme si ma chère mère ne m’avait pas mise à ma vraie place qui est d’être foulée aux pieds de tous et comptée pour rien ? C’était pour la grande fête de Noël ou du premier de l’an : ma chère mère était occupée à faire cuire je ne sais quoi dans la poêle ; j’étais seule dans un coin, en train de réciter ce nombre d’oraisons jaculatoires que mon cher et bienaimé Frère m’avait enseignées. Un peu après arriva mon père en grande colère ; il commença à reprocher à ma mère de ne pas prendre soin des