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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/21

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XIII
INTRODUCTION

vraiment elle n’a que faire d’en rien savoir. Elle a trois ans, elle a quatre ans, elle a douze ans, et, sans le vouloir, elle s’exprime comme pourrait le faire une enfant qu’on interrogerait à ces différents âges. Elle ignore qu’il y a des lois humaines, une histoire humaine, un océan de choses autour d’elle. Elle ignore tout absolument, excepté Jésus enfant comme elle, visible pour elle seule et la nécessité de se configurer à lui par la souffrance. Elle est immergée dans une ignorance lumineuse.

Lorsque le vicaire de la paroisse de Corps entreprit de lui enseigner le catéchisme, elle raconte qu’elle n’y comprenait rien, les mots n’ayant pas de sens pour elle. La Lettre la tuait.

Qu’on se représente une habitante du Paradis forcée de vivre sur terre, une petite créature, confisquée, séquestrée dans les gouffres de lumière ; ayant reçu, par infusion, la théologie la plus sublime, en même temps qu’une injonction infinie de n’être rien ; instruite par Jésus en personne qu’elle voyait, presque chaque jour, sous la forme d’un enfant et qu’elle nommait familièrement son « petit frère » ; transférée par

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