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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/207

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VIE DE MÉLANIE

dait de toucher à aucune chose de sa maison. Alors quelquefois je lui demandais si je pouvais sortir. Elle le permit, ajoutant que, si cela me plaisait, je pouvais ne plus revenir… Je savais un peu le chemin de l’église ; tous les jours, à l’heure où il n’y avait personne, j’y allais. Un jour, en entrant à l’église, je vis au pied du maître autel un prêtre qui priait très humblement. Je restai au bas de l’église par respect pour ce prêtre qui me paraissait être dans un profond recueillement en présence du Dieu de l’Eucharistie. Puis, sans que je sache comment, je me trouvai subitement près de l’autel et par conséquent du révérend prêtre, et j’observai qu’il avait ses habits sales et tout déchirés ; sa face était affligée, extrêmement triste, mais placide, humble et résignée ; il me dit : « Béni soit à jamais le Dieu de la justice et de la miséricorde infinie ! Il y a plus de trente ans que j’ai été justement condamné au purgatoire pour n’avoir pas célébré avec foi et respect le sacrifice de la continuation du mystère de la Rédemption, et pour n’avoir pas eu tout le soin, comme c’était mon devoir, des âmes confiées à ma sollicitude. La promesse de ma libération m’a été faite pour le jour et l’heure que vous entendrez ici pour moi la Sainte