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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/206

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VIE DE MÉLANIE

découvert des obstacles fâcheux à mon union avec mon bien-aimé Jésus, tant dans mon intérieur que dans mes actions extérieures. Mon âme avec ses puissances était certainement bien attachée et jointe au divin amour ; je n’avais pas, il me semblait, d’autre volonté que celle du Très-Haut et je me serais mise en pièces pour lui plaire ; mais il me manquait le total abandon entre ses mains bénies ; quand je dis abandon je dis aussi entière dépendance pour toutes les opérations qu’il fait de nous et en nous, sans que nous voulions l’aider et agir de nous-mêmes : car tout ce que nous avons à faire dans cet état, quand l’Être suprême veut lui-même se fabriquer un tabernacle, c’est de faire la morte et d’être FIDÈLE, rien de plus. Ces choses ne peuvent s’apprendre dans les livres, et encore moins se comprendre sinon par l’expérience, en usant d’une grande fidélité.

Devant rester chez mes parents tout l’hiver, je priai ma mère de vouloir bien me donner quelque ouvrage ; elle ne le voulut pas, disant que je n’étais pas propre[1] et qu’elle me défen-

  1. Tous ceux qui ont connu Mélanie ont remarqué que dans sa pauvreté, elle était très propre. Plus loin sa mère l’accusera de vanité.