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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/205

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VIE DE MÉLANIE

tait qu’elle était venue aussi pour faire promettre à mon père de me remettre à son service après l’hiver. Oh ! bonté, miséricorde de mon amant Jésus, vrai médecin de ma pauvre âme, combien me sont chères, amoureuses, admirables, vos divines opérations !… Plus je descends dans mon néant, dans ma nullité, plus je vois votre miséricorde. — Après que ma maîtresse fut partie, ma mère me reprocha d’être revenue dans la famille, disant que ma maîtresse n’avait pu me supporter et ne me voulait plus chez elle où je mettais la discorde, etc. Voyant qu’on me mettait à ma place, c’est-à-dire que j’étais rebutée et que personne ne me voulait, que tous avaient horreur de moi, je pensais que mon Seigneur leur faisait peut-être voir mes innombrables ingratitudes et infidélités ; j’invitais dans mon cœur à rendre grâce de ce bienfait à l’auteur de tout bien, à qui seul, par tous les moyens, je cherchais à faire plaisir ; soit qu’il me punît à cause de mes fautes, soit qu’il torturât mon esprit et mon corps pour assainir et purger mon âme, soit qu’il me tournât ou fît tourner en dérision, je ne me troublais pas ; l’œil de mon âme était fixé dans mon divin Maître pour exécuter en tout son bon plaisir. Dans mon oraison, j’avais