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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/203

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VIE DE MÉLANIE

qui tomba d’un arbre, son bout de pied était de côté et pendait ; or il n’y avait qu’à retrouver l’endroit où les os pouvaient s’emboîter : d’un côté la peau était déchirée et le sang qui sortait empêchait l’opération qui eut lieu au Nom adorable de JÉSUS en vertu de la croix.

Si le bon Dieu fait tout ce qu’il veut, je n’en suis pas la cause.


Depuis quelques jours, mes maîtresses paraissaient moins fâchées contre moi ; puis chaque fois que la famille était à table, on se demandait l’un à l’autre si l’année prochaine je reviendrais volontiers chez eux. On disait qu’il serait beaucoup mieux que je ne change pas de maîtresse, vu ma grande timidité. Puis on finit par m’engager à rester pendant l’hiver avec eux. De cette manière je serais plus sûre de n’être pas obligée d’aller servir chez des maîtres que je ne connaissais pas et qui ne me connaissaient pas non plus, et de rester avec des ouvriers qui blasphèment le Nom du bon Dieu, ce qui me ferait souffrir. À tout cela, n’étant pas interrogée, je ne répondais rien. D’ailleurs, mon vouloir (l’avait) celui qui dirige tout sur la terre comme au ciel.