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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/202

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VIE DE MÉLANIE

pour sublime qu’elle soit. C’est Dieu, l’unique Être tout-puissant qui fait les miracles par lui-même ou par qui il veut ; et s’il voulait se servir pour cela d’une paille brûlée, cette cendre ne pourrait, ne devrait jamais usurper le droit de Dieu en osant dire : « J’ai fait un miracle. »

Ce que j’ai peut-être à expliquer, c’est que, quand la mère retira son enfant du milieu des flammes et le vit en feu et tout défiguré, la Louve arrivait. Aussitôt la mère s’évanouit en me mettant l’enfant dans les bras. Avec mon tablier, je faisais tomber le feu, les étincelles et j’essuyais son visage. Cela se comprend que je priais en même temps ; mais lorsque je vis ses lèvres, son front brûlés, enfin sa figure et ses mains blanches à des endroits et à des autres saignantes et que l’enfant n’était plus reconnaissable, et que les cris qu’il faisait semblaient se changer en des gémissements de mort, je priais Dieu, au nom de Jésus-Christ et de sa mort, et je faisais des signes de croix sur toutes les parties en plaies et blanchâtres. En un instant l’enfant ouvrit les yeux. La mère revient à elle, prend son enfant et le voit sain ; elle seulement, la mère, avait des brûlures aux mains. Où est ici le miracle de la Louve, je vous prie ? Quant à la jeune fille