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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/196

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VIE DE MÉLANIE

accusations, doutes et craintes, ma foi par pure miséricorde, ne fut pas blessée, restant vigoureusement à la tête du combat, avec l’uniformité au bon plaisir du divin Maître et la rectitude d’intention.

Si je voulais expliquer ces visions instantanées dans réternelle et suave lumière, je ne le saurais pas. Je compris que je n’avais plus à penser que mon divin Sauveur est loin de moi, bien que pécheresse, parce qu’il est tout amour et n’abandonne jamais qui le cherche en vérité ; que ce désir de le chercher, c’est lui-même qui le produit ; il pousse et se fait trouver en Roi pacifique et pacifiant au milieu de la tempête : à son apparition la tempête se calme et l’âme est inondée d’ineffables consolations. Mais c’est pour peu de temps, puisque peu à peu d’autres adversités arrivent et se succèdent.

Un jour que je faisais paître mes vaches dans un champ voisin de la maison, passèrent trois ou quatre chasseurs de Corps, dont un prêtre. Parmi eux je ne reconnus qu’un homme qui souvent était venu parler à mon père ; il me reconnut aussi et vint avec ses compagnons prendre de mes nouvelles et me demander si j’avais besoin que mon père m’envoyât quelque