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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/193

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VIE DE MÉLANIE

J’étais terrifiée par cette vision. J’aimais mon divin Maître et je savais qu’il m’aimait infiniment, et cependant il me semblait qu’il m’avait abandonnée, rejetée loin de son aimable et confortante amitié et que cet abandon provenait de mes nombreuses infidélités. Il me semblait qu’actuellement je n’aimais plus mon cher amant Jésus ; je croyais être dans l’illusion par la complaisance que j’avais dans les souffrances, car il me semblait que je prenais un plaisir humain dans les souffrances, au lieu de les aimer uniquement parce que mon cher Jésus voulait que je glorifie et honore les souffrances qu’il avait endurées dans sa sainte humanité et dans son [mot absent] pour le salut du genre humain…

Mon esprit était dans d’épaisses ténèbres, ma mémoire avait perdu le souvenir des promesses que j’avais eues et des innombrables bienfaits que j’avais reçus de l’infinie miséricorde du Tout-Puissant ; le peu de mémoire qui me restait était superficielle, ne me rassurait pas, ne me pénétrait pas, ne me donnait aucun soulagement profitable. Mon corps était abattu et rempli de douleurs. Dans cet état je descendais, toujours plus dans mon néant, dans ma très vraie nullité et incapacité de faire, sans