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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/192

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VIE DE MÉLANIE

duisait sur une place pour les fusiller. Des femmes étaient aussi cruelles, sinon plus, que ces hommes enragés. Cette œuvre, ce châtiment voulus (quoique indirectement) par les mauvais chrétiens, avaient lieu, plus ou moins épouvantables, dans toutes les villes et dans tous les bourgs, et avaient commencé à la même heure, au signal donné par les chefs. Sous la dénomination de l’anarchie se cachait la secte infernale qui est dirigée par le premier révolté révolutionnaire, Lucifer. Les églises étaient pillées, profanées, incendiées. Les troupes se battaient contre les civils, il y avait des mauvais prêtres dans les rangs des uns et des autres ; le carnage était épouvantable ; et des soldats, à la vue du carnage qu’ils avaient fait de leurs frères se retournèrent et tirèrent sur leurs chefs. Les Communautés priaient, les humbles et les pauvres priaient. Ce sont ces derniers qui furent exaucés, mais pas avant que fût complet le nombre des innocentes victimes. Cette vendange de la justice divine, où périrent un grand nombre de milliers de prêtres, dura deux ou trois jours. Les hommes de foi pratique, quoique en petit nombre, aidés par leurs anges gardiens, furent vainqueurs.