Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/185

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
125
VIE DE MÉLANIE

comme vous. Si vous avez enchanté Maurice par votre divination vous ne m’enchanterez pas… » Intérieurement je rendais grâce à mon Seigneur Jésus de la grande faveur d’être enfin injustement accusée de vol envers ma maîtresse, puisque tant de fois j’avais volé au Très-Haut le temps qu’il m’avait donné pour le louer, glorifier, et pour réparer, expier les fautes du prochain et les miennes.

Un jour elle me fit venir dans la maison ; tous les parents et amis s’y étaient réunis. En présence de tout ce monde elle me fît beaucoup de reproches, disant que je trompais, que j’avais son argent, que cette somme devait servir pour les dépenses du mariage et que je serais cause que ce mariage ne pourrait avoir lieu. Entendant cela, la fille se rendit furieuse et me dit que si elle tardait à se marier, je rendrais compte à Dieu de tout le mal qui en résulterait ; puis des injures de toutes sortes pleuvaient. Maurice, qui jusque-là avait gardé le silence, prit la parole et dit à peu près ceci : « Je vous prie tous de parler avec modération à la sœur : j’ai travaillé pendant quelques mois avec son père, homme très honnête et aimé de tous ceux qui le connaissent ; s’il venait à savoir les