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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/183

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VIE DE MÉLANIE

Sans doute que je pensais à mon Dieu, créateur de toutes choses, en un mot je vidais le trop-plein de mon cœur avec les animaux que je savais ne pas devoir me trahir et je voulais les faire participer de mon amour etc., etc. Oui, mais où est le fruit de mes prédications ? Rien, ma bonne intention a été une œuvre artificielle !…

Quelquefois il me venait un très ardent désir d’aimer fortement mon aimé Jésus, de lui donner d’un seul coup ma volonté, ma liberté de vouloir, de penser, de juger, de sentir et de dépendre absolument de Lui en m’uniformant en tout à son bon plaisir, pour qu’ainsi dépouillée de tout il n’y eut plus d’obstacle à mon étroite union avec mon amant Jésus ; qu’il me dirige, me meuve à son gré, renonçant absolument à vivre, à agir, à penser, à opérer, à voir et entendre seule, tous mes sens devaient être un avec les sens de l’humanité sacrée de mon Rédempteur. Tandis que je faisais ainsi, je vis comparaître, du milieu de la grande lumière de l’éternelle présence du Très-Haut, Jésus qui tira de sa poitrine la blanche colombe, lui souffla dans les yeux et la remit dans son nid. Je lui dis : « Mon Frère amoureux, qu’avez-vous fait ? » —