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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/178

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VIE DE MÉLANIE

monter jusqu’à la carrière, parce que cet homme me connaissant, il viendrait à moi prendre le panier ; et elle ajouta : « Si quelqu’un vous demande : qui est-ce qui envoie le dîner à cet homme ? vous répondrez que vous ne le savez pas. » Et moi, aussitôt, sans réflexion comme toujours, de répondre : « Que cela ne soit jamais, ma bonne maîtresse, que ma langue prononce une parole contraire au grand Dieu de vérité, et que par un mensonge je profane le tabernacle de l’Esprit-Saint ; plutôt mourir ! » Ma maîtresse me dit : « Ma petite, vous ne savez pas que si vous voulez vivre en paix avec les gens, vous devez forcément mentir en mille circonstances, et que ces petits mensonges ne sont pas péché, et que vous êtes obligée de cacher aux gens les affaires de la maison de votre maîtresse. Vous voyez que je connais la religion beaucoup mieux que vous. Portez ce panier et revenez vite. » Je partis et gravis la montagne, que je ne connaissais pas. De temps en temps, je rencontrais des personnes ; je leur demandais où je devais passer pour aller à la carrière, et après environ une heure de montée j’arrivai en face de la carrière et là je m’arrêtai. Après quelques minutes, je vis un homme qui venait à moi : c’était Maurice !… Terrifiée, les