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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/175

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VIE DE MÉLANIE

pas achevé que ma mère (qui, d’ailleurs, avait vu mon père me donner ses chemises et l’avait entendu me faire ses recommandations) très mécontente et presque furieuse m’arracha la chemise des mains, le fîl et les boutons, et me reprocha de vouloir usurper son autorité, d’être le démon de la division et de la guerre dans sa famille et ajouta qu’elle me corrigerait, qu’elle ne se fatiguerait pas de me corriger jusqu’à ce que je change et lui devienne obéissante en tout ; que je lui avais désobéi, puisqu’elle m’avait défendu de toucher à aucune chose de la maison et que j’avais eu l’audace de prendre les chemises de son mari et de les poser sur mon lit ; que pour me corriger et me rendre docile à ses ordres elle m’enlevait l’usage de mon lit, etc., etc. Pauvre chère mère, combien je l’ai fait souffrir, tandis que je lui désirais toutes les consolations, tous les biens possibles !

Toutes mes méchancetés, toutes mes fautes ne m’ôtaient pas cette ardente tendance à aimer mon Souverain Bien, mon Créateur et Sauveur, l’unique et digne d’être aimé ; oui, je voulais aimer ce Dieu glorieux et très parfait, le Saint des Saints qui par amour pour nous a voulu naître petit et souffrir le mépris de ses créatures !