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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/174

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VIE DE MÉLANIE

et d’honorer ainsi les humiliations, les abjections, la pauvreté et tout enfin, tout ce que pendant sa vie mortelle mon amoureux Jésus avait souffert dans son âme et dans son corps sacré

Il me semble que c’était vers la fin de décembre 1841, mon père devait aller à son travail le lendemain ; avant son départ il prit trois ou quatre de ses chemises et me les remit en me disant de bien voir, moi, s’il n’y manquait pas quelques boutons, ou si l’une d’elles n’avait pas besoin d’être raccommodée, et de les arranger moi-même, parce que ma mère devant aller se divertir ne pouvait pas s’occuper de la lingerie ni de sa famille, et qu’à son retour, je les lui donnerais. En premier lieu, je fus très contente d’avoir à faire ce travail, puis dans mon examen je me rappelai que ma mère m’avait défendu de toucher les choses de mon père. Que faire ? Selon moi, il m’était presque impossible de sortir de cette critique situation sans offenser mon doux et amoureux Sauveur par ma désobéissance à l’un ou à l’autre de mes parents. Ma peine fut grande ; il fallait me résoudre ; mon père était parti ; je pris une chemise, je la portai à ma mère et la priai de me permettre d’arranger la chemise que m’avait donnée mon père. Je n’avais