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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/172

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VIE DE MÉLANIE

Il ne me venait jamais de faire des réflexions sur le pourquoi de telle ou telle défense ou de tel ordre. Cependant quand on me disait que j’avais offensé mon bon Dieu, j’y réfléchissais. Or, il me semblait que plus je m’étudiais, avec la grâce de Dieu, à contenter mes chers parents, plus je tombais dans leur disgrâce, sans que je me rendisse compte du comment et en quoi j’avais pu affliger ma mère qui paraissait indignée contre moi. Je gémissais et me plaignais à mon très doux Jésus crucifié, amant passionné des âmes, m’offrant à lui pour souffrir toutes peines, toutes pénitences, afin que ma mère n’eût plus à souffrir de ma part si telle était son adorable volonté et son bon plaisir. Tandis que je le priais ainsi et que je lui demandais pardon de toutes mes fautes, il me sembla (par voix intellectuelle) voir l’homme-Dieu souffleté, tourné en dérision, méprisé, souillé de crachats à son adorable visage, traité de fou, de faux prophète d’ambitieux, d’orgueilleux, etc., etc. Il m’invitait à le suivre, à continuer sa vie douloureuse sur terre, à l’imiter autant que possible dans ses intimes et secrets spasmes et cela, pour le retour à leurs devoirs sacrés des personnes qui lui sont les plus chères, ses saints Ministres. En