Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/171

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
111
VIE DE MÉLANIE

laissa aller en disant : « Qui y aurait pensé ? Ah ! votre sainte n’est pas si pacifique que vous croyez. » La fille de ma maîtresse me gronda beaucoup pour cette mauvaise action. Je fus peinée du soufflet donné sans réflexion et du déplaisir que j’avais donné à l’un et à l’autre. On doit haïr le péché, non la personne.

La fille de ma maîtresse n’était pas mariée, elle était mère de l’enfant que je gardais, et cet homme en était le père. Cet homme s’appelait Maurice.

Pour les prochaines fêtes de Noël, de Jésus l’enchanteur des cœurs, mon père s’était retiré en famille. Ayant appris que je devais passer l’hiver chez ma maîtresse il en fut mécontent et fit des reproches à ma chère mère pour ne s’en être pas tenue au contrat convenu avec ma maîtresse. Il m’envoya chercher. Je fus accompagnée par ma maîtresse, parce qu’elle voulait me retenir pour l’année suivante. Mon père le lui promit. À cause de mes nombreux défauts et parce qu’à mon occasion il y avait de la discorde en famille, ma mère ne fut pas contente de mon retour. Elle me défendit de m’occuper du linge de mon père. Je me conformai à ses vouloirs, sans peine, puisque le Seigneur en disposait ainsi.