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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/169

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VIE DE MÉLANIE

afin d’en retrouver le matin. Or, il arrivait souvent que le bois qu’on y avait mis s’éteignait ou se consumait ; il fallait alors aller chercher du feu dans un village voisin. On se servait pour cela d’un morceau d’étoffe ou chiffon roulé de la grosseur d’une petite bougie qui se consumait comme de l’amadou, lentement, et avec lequel, au retour, on enflammait une chènevotte soufrée. Une fois la neige était tombée avec abondance, le vent soufflait avec violence, on ne voyait plus trace du chemin, et assez souvent les brouillards étaient si épais qu’on ne voyait pas à deux mètres devant soi ; de sorte que plusieurs fois je me suis égarée, mais grâce à la divine Miséricorde j’ai été secourue. La Providence ne fait jamais défaut à qui se confie en elle. Je n’en donnerai ici qu’un exemple : Étant allée au village appelé Le Serre pour prendre du feu, il y avait beaucoup de neige et par le vent qui soufflait excessivement fort mon chiffon s’était consumé. J’étais très affligée parce que ma maîtresse attendait mon retour avec impatience pour allumer son feu. Je pensais à la peine qu’elle allait avoir à mon arrivée ; je ne savais que faire et, en attendant, je marchais toujours vers la maison. Mais la crainte que j’avais de donner du déplai-