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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/165

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VIE DE MÉLANIE

pas la vertu d’humilité. Je les aimais parce que mon Jésus, pendant toute sa vie, les a embrassées, et, cependant, j’en étais privée, comme de toutes autres souffrances, et par ma faute.

Un jour je faisais paître mes vaches dans les champs, j’étais triste et tout enfoncée dans mon néant ; quand subitement tout pour moi disparut ; je vis mon aimable Frère qui me regardait et paraissait rire. Sur sa poitrine, sous sa robe quelque chose se mouvait et se lamentait. Mon bon Frère dit : « La miséricorde de Dieu soit avec vous, sœur de mon cœur ! » — « Soit ainsi », répondis-je, et j’ajoutai : « Frère de toutes mes complaisances, dites-moi, y aura-t-il miséricorde pour moi, après tous les péchés que j’ai commis, après toutes mes infidélités à correspondre à l’amour infini de mon Dieu ?… La croix n’est plus en moi, je m’en suis rendue indigne ; que ferai-je ainsi, je ne peux plus exister. » Mon Frère tout composé d’amour dit : « La grande miséricorde de Dieu est avec vous sans aucun mérite de votre part. » En disant cela, avec sa main droite il prit sur sa poitrine une très petite colombe très blanche qui avait son bec ouvert. Aussitôt je dis : « Oh ! mon Frère, elle meurt de soif ; faites vite tandis qu’elle vit. »