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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/159

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VIE DE MÉLANIE

je sais, mais que je ne sais pas expliquer. J’en donnerai un petit et insignifiant exemple : une personne avait-elle péché par ses yeux, ses yeux étaient comme un foyer de feu liquide ; avait-elle péché par les mains, ses mains étaient comme des torches ardentes et liquides ; il faut remarquer que le feu ne subsiste que sur les taches et par les taches qui sont le combustible alimentant ce terrible feu. La tache disparaissant, la place de cette tache étant aussi purifiée, le feu s’éteint comme un éclair. On objectera peut-être que l’âme n’ayant pas de pieds, de mains, de langue, d’oreilles, etc., étant un esprit, on ne voit pas comment elle peut souffrir dans ses pieds, etc. C’est pourtant l’âme qui avait la sensation et qui la donnait au corps pendant sa vie terrestre : or l’âme ayant été dans tout le corps, dans toutes les parties du corps (et non à la tête seulement comme on l’a dit), condamnée au purgatoire, elle souffre dans ses parties (pour parler ainsi) qui ont prévariqué, de même que les trois puissances de l’âme souffriront chacune sa part de peine ou auront chacune sa part de gloire au ciel.

Je ne vis pas deux âmes en qui les peines fussent semblables. Je ne pouvais plus supporter