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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/157

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VIE DE MÉLANIE

Mes maîtresses n’oublièrent pas mes péchés ; tous les jours pendant plusieurs semaines elles me grondaient de nouveau, puis me reprochaient mon bon accueil aux voleurs ; et voyant que je gardais le silence, elles se disaient l’une à l’autre : « Cette enfant paraît insensible à nos menaces comme à nos reproches ; peut-être ne comprend-elle pas, mais alors elle ne se corrigera pas. » En vérité j’étais bien loin d’être insensible, j’étais sensible plus que tout ce qu’on peut croire ; je comprenais bien que je méritais tous leurs reproches et plus encore, par conséquent je n’avais rien à dire : j’étais fâchée de leur avoir déplu, je priais le bon Dieu, pour elles ; pour le reste j’allais à mon divin Maître qui pouvait me pardonner et guérir les plaies de mon âme.

Un jour que je gardais les vaches dans les champs mon esprit était tout occupé de mon cher Jésus, de sa divine Providence à pourvoir si gracieusement l’homme de toutes les choses nécessaires pour se nourrir, se vêtir, se loger et récréer son esprit par la vue de la nature, si variée dans ses productions, etc., etc. Alors s’empara de moi un désir très ardent du salut de tous les hommes et je désirais souffrir pour tous les pécheurs, afin que, laissant le péché et