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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/156

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VIE DE MÉLANIE

moi ; il m’adressa ces seules paroles : « Sœur de mon cœur, la paix soit avec vous. » Ô Dieu, quel bonheur pour mon cœur brisé par la douleur ! Ces simples paroles furent comme des dards enflammés d’amour qui me remplirent de joie et de la paix la plus douce, la plus réconfortante. Ô bienheureux instant où l’âme reste comme submergée, absorbée dans la claire, immense lumière de la présence de l’Être suprême ! Là on comprend comment Dieu trois fois saint de sa propre sainteté pardonne aux cœurs humiliés et contrits, qui avec l’amour se lavent dans le sang de l’Agneau immaculé leur appliquant ses mérites et leur donnant la grâce sanctifiante. Ô excès de charité amoureuse de mon Dieu pour la plus vile de ses créatures ! Je me sentis remplie de confiance, toute ranimée, et s’augmenta mon désir de pâtir, d’être méprisée de tout le monde, de me dépouiller toujours plus de moi-même pour le pur amour de mon très amoureux Jésus. Je compris que, dans le clergé la pureté de l’esprit est la gardienne de la pureté du corps, qu’il n’y a pas de chasteté du corps en l’absence de la constante pureté de l’esprit et que l’esprit et les sens ne garderont pas leur pureté S’ILS NE SONT CRUCIFIÉS avec Jésus-Christ