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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/154

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VIE DE MÉLANIE

mis sur la table en ajoutant : « Elle monte dessus et prend la viande sans se faire mal. » Aussitôt l’un d’eux monta et prit toutes les pièces de viande. J’étais contente en pensant qu’ils avaient de quoi manger pour s’enlever la faim. Ils sortaient de la maison pour sen aller lorsque l’un d’eux revint sur ses pas, prit une botte de paille, y mit le feu et la jeta sur le berceau où dormait l’enfant. « Que faites-vous ? criai-je, au Nom de Dieu ne faites pas le mal. » L’homme prit la fuite, et en toute hâte j’enlevai cette paille enflammée de dessus l’enfant qui, heureusement, n’eut pas de mal ; il ne resta qu’une épaisse fumée et la mauvaise odeur qui sortirent par la porte et les fenêtres que j’avais ouvertes. Quelques instants après arrivèrent mes maîtresses attirées par l’odeur de la paille brûlée, qui me demandèrent ce qui était arrivé. Je le leur dis et aussi que j’avais mis la chaise sur la table afin que ces hommes pussent décrocher les pièces de viande. Ma maîtresse, comme de juste, me reprit sévèrement, me disant qu’elle ne savait pas que j’étais de la compagnie des brigands, et qu’elle ne pourrait plus me laisser seule puisqu’au lieu de garder la maison, j’aidais les voleurs à la voler, et qu’enfin j’avais fait un gros péché… Je ne