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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/153

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VIE DE MÉLANIE

faites à Dieu en la personne de ses bonnes créatures !

Un jour que j’étais restée seule avec le petit enfant dans son berceau, j’entendis aboyer le chien de la maison et faire grand tapage. Je sortis pour voir pourquoi le chien se démenait de la sorte : je vis venir par un petit sentier trois ou quatre hommes la face voilée. Je retournai auprès de l’enfant. Quelques minutes après, ces hommes entrèrent précipitamment et fouillèrent partout, ouvrant les placards, les armoires, les caisses et prirent ce qu’ils voulurent. Ils me demandèrent où était l’argent ; je dis que je ne le savais pas et c’était la vérité ; puis ils dirent : « Nous avons faim. » Aussitôt prise de compassion, je leur dis de prendre du pain, du fromage et de la viande, et leur indiquai où cela était. Ils parcoururent toute la maison, même les écuries, et prirent un peu de tout, puis revinrent à moi et me regardaient tour à tour. Croyant qu’ils voulaient autre chose à manger, je leur dis : « Regardez au plafond, il y a tant de jambons, des pièces de viande (lard), seulement on ne peut pas les prendre, c’est trop haut ; quand ma maîtresse en veut prendre, elle fait ainsi » : en disant cela, moi-même je pris la haute chaise, je la

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