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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/150

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VIE DE MÉLANIE

velles de ma chère mère et si, au moins, elle était contente. Le soir il s’en retourna.

Quoique je fusse profondément uniformée aux saints vouloirs de Dieu, je sentais une grande peine de me séparer de mon père. Cette peine disparut quand la voix intérieure de mon Jésus se fit entendre, m’instruisant, m’enseignant et me grondant avec douceur.

Mon père avait fait promettre à ma maîtresse de me laisser aller une journée à Corps pour voir mes parents. Environ un mois après je me mis en route, avec la permission de ma maîtresse. Pour l’aller ce fut facile : je n’avais qu’à suivre les personnes qui allaient à Corps ; mais, en revenant, j’étais seule et je ne me rappelais pas le chemin. Je marchais quand même, tout en priant Dieu et notre douce et clémente Mère Marie, la meilleure de toutes les mères. Mais voici encore deux chemins : lequel dois-je prendre ? Une voix très douce dit : « Prenez le chemin de votre droite. » Étonnée, je vis à côté de moi un très gentil enfant, mais plus grand que moi de beaucoup (mais il n’était pas un homme homme) ; et comme je n’avais pas entendu ses pas, il me dit : « Pas loin d’ici, vous êtes en danger… je vous accompagne. » Je lui dis : « Et où étiez-