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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/149

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VIE DE MÉLANIE

ma maîtresse me demanda si je pourrais m’habituer dans sa maison isolée au milieu de la montagne et sans jamais voir personne. Je lui répondis qu’avec Dieu (sa grâce) j’espérais ne pas m’ennuyer. Après environ deux heures de marche, nous arrivâmes dans cette maison vraiment solitaire. La famille se composait de quatre personnes : la vieille mère qui était venue me chercher, sa fille âgée de vingt à vingt-cinq ans, un fils d’une douzaine d’années, et le tout petit enfant dont, soi-disant, je devais avoir soin, et qui était l’enfant de la fille de ma maîtresse ; mais souvent on m’envoyait garder les vaches qui étaient nombreuses et les faire paître.

Vers la fin du mois, mon père étant rentré et ne m’ayant plus trouvée à la maison, demanda où j’étais. On lui répondit que j’étais en service hors du pays, dans une maison toute seule dans la montagne, mais on ne sut pas lui donner d’indication plus précise. Il partit quand même pour venir me voir. Dans tous les villages il demandait où se trouvait cette maison isolée dans l’une de ces montagnes. Enfin après bien des fatigues il me trouva et m’embrassa en versant des larmes. Je pleurai aussi de tendresse et m’empressai de lui demander des nou-