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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/148

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VIE DE MÉLANIE

demanda à sa Maman de lui laisser les mêmes douleurs, mais de faire que cela ne marquât pas ; ce qu’elle obtint en partie. Ces douleurs amoureuses étaient aussi grandes que je pouvais les supporter ; elles augmentèrent pendant plusieurs années avec mes forces et n’ont plus cessé ; la plus douloureuse est celle de la tête. Quand les plaies paraissent, le sang coule des deux côtés des pieds et des mains : ils sont transpercés ; et peu après, il n’y a plus trace de plaies. Oh ! mon Père, vous me faites dire ce que mon Frère m’a enseigné à cacher. Il disait : « Les yeux des hommes sont des voleurs. » Pour tout dire en abrégé : c’est mon Frère qui m’a élevée, qui a fait mon instruction, qui a joué avec moi, et c’est moi, infidèle, qui n’ai pas su profiter des sages et solides enseignements qu’il m’a donnés à profusion pour le salut de mon âme.


C’était, il me semble, dans l’année 1841. Une femme de la montagne était venue chercher à Corps une enfant pour avoir soin d’une petite créature ; et comme, à cause de mon méchant caractère, je donnais toujours des déplaisirs à ma chère mère, je fus aussitôt livrée à cette femme et je partis sur-le-champ avec elle. En chemin