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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/147

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VIE DE MÉLANIE

Une autre fois, il me dit : « Jouons à cache-cache », et il m’expliqua ce jeu : en premier lieu on devait tirer la courte paille pour savoir qui se cacherait le premier : il eut la bonne. Il dit : « Je vais me cacher et vous me chercherez jusqu’à ce que vous m’ayez trouvé. Tournez-vous pour ne pas voir où je me cacherai ; mettez vos mains sur vos yeux. » Un instant après il dit tout haut : « C’est fait. » Alors je me suis retournée, je l’ai cherché longtemps derrière les broussailles, etc. À la fin, ennuyée d’être seule, je l’ai appelé : « Frère, mon beau Frère, où êtes-vous ? » Il ne répondit pas, il me fallut le trouver. Puis ce fut à mon tour : il me trouva de suite ; mais je dis : « Vous avez regardé !… Ce n’est pas le jeu ! » Je me recachai : il fit semblant de ne pas me trouver : « Sœur, sœur, disait-il, où est ma sœur ? Mais où est-elle, ma chère sœur ? » et il me cherchait derrière les arbres ; puis il arriva tout droit où j’étais en disant : « Ah ! la voilà, la voilà ! »

Je réponds à la dernière question de votre Révérence. Oui, toutes les plaies saignèrent à l’instant où mon Frère me toucha ; mais ce sang qui coulait, surtout celui des mains, ne plaisait pas à la Louve. Craignant qu’on s’en aperçût, elle