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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/146

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VIE DE MÉLANIE

mon Frère, où avez-vous trouvé ces fleurs si jolies ? Les miennes ne sont pas si jolies. Dites-moi, mon bon Frère, où les avez-vous ramassées ? Je veux y aller en ramasser pour notre bon Dieu. Oh ! celle-là !… et puis celle-là !… Oh ! je veux de ces fleurs, moi, pour bien faire plaisir à notre bon Dieu. » Mon Frère me répondit : « Sœur de mon cœur, voyez : pour ramasser cette fleur, il faut se mettre ras de terre ; nous, nous pouvons les voir parce que nous sommes bien petits, nous pouvons les ramasser sans peine. Celle-là vient haute, et ses grandes feuilles la préservent de l’embrassement des plantes voisines. Celle-ci, par sa blancheur, est comme la Reine des fleurs : elle se cueille difficilement, etc. » Je courus pour avoir les mêmes fleurs, mais je n’y parvins pas. Alors je voulus échanger mes fleurs contre celles de mon Frère ; il y consentit ; mais à peine l’échange fut fait que je criai très fort : « Non, non, mon bien-aimé Frère, je ne veux pas, parce que ce n’est pas vérité, ça ! Le bon Dieu qui les a fait croître sait bien que ce n’est pas moi qui les ai ramassées. » Et mon Frère me rendit mon bouquet qui, dans ses mains, était devenu comme le sien ; et nous offrîmes nos deux bouquets à Dieu par Jésus-Christ.