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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/145

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VIE DE MÉLANIE

le joli enfant se trouvait là et me donnait la main pour me relever ; mais comme la Muette, sans rien dire. Il me parla pour la première fois, dans les circonstances que j’ai racontées.

Votre Révérence veut savoir si j’ai joué avec mon Frère. Il m’invitait quelquefois à jouer pour me reposer l’esprit, quand je voulais encore et toujours converser de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais je ne saurais pas reproduire les paroles exactes de mon Frère bien-aimé. Voici à peu près quelle fut notre première conversation sur ce sujet : « Ma chère Sœur, jouons sous l’œil de notre bon Dieu. Il nous le permet pour sa gloire. » — « Moi, répondit la Sauvage, je ne connais pas ça : jouons, parce que je suis seule ; mais quand notre bon Dieu se cache à moi, eh ! bien je ramasse des fleurs de mon bon Dieu et je parle avec elles, parce qu’elles n’ont pas fait de péché, et je les donne à mon bon Dieu. » — « Eh ! bien, dit mon Frère, jouons à ramasser des fleurs que nous offrirons à notre bon Dieu ensemble avec celles de nos cœurs qui sont immortelles. » — « Oh ! oui, oui, répondit la Sauvage, jouons à qui en ramassera le plus. » Et nous allâmes, chacun de notre côté. La cueillette terminée, je lui dis : « Oh !

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