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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/142

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VIE DE MÉLANIE

écrit mes sentiments présents, non ceux d’alors. Je crois devant Dieu, devoir vous dire que je ne pense pas du tout m’être servie dans cet écrit de mes sentiments actuels. Je ne vous cache pas qu’en plusieurs endroits la pensée m’est venue, quelquefois assez forte, de changer certaines expressions qui me semblaient aujourd’hui (à cause de ma plus grande ignorance d’alors) pétries du plus haut orgueil. Par exemple je demandais à mon cher Frère de me faire souffrir comme Notre-Seigneur Jésus-Christ ; j’entendais d’être mise en croix, de souffrir dans mon corps ; mais je ne pensais pas tenter Dieu en cela, parce qu’alors j’ignorais les sentiments intérieurs qui guidaient le divin Maître pendant son crucifiement, et j’étais loin de penser que tous les martyrs ensemble avaient moins souffert que notre divin Rédempteur. Ce sont mes sentiments d’alors que j’ai écrits, comme me les inspirait alors le bon Dieu, et d’après ce que m’enseignait mon aimable Frère, dont je ne faisais que répéter les belles leçons qu^il gravait dans mon âme d’une manière ineffaçable. Certes, si c’était aujourd’hui je me garderais bien de faire de telles demandes, sachant que les mortels ne peuvent jamais souffrir ce que notre très amoureux Jésus