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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/141

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VIE DE MÉLANIE

Une nuit, comme ma mère terminait les reproches qu’elle ne cessait de me faire le jour et la nuit, je voulus me recueillir et faire mes comptes ; je ne le pouvais pas. Des pensées extravagantes traversaient mon entendement : « Tu as fait une fausse voie… Vois comme tu es désespérée… Où sont maintenant tes pénitences, tes oraisons ?… Vois que Dieu lui-même t’a abandonnée !… Il te laisse dans la plus profonde misère, il est sans pitié pour toi ! etc. » Aussitôt je rentrai dans le plus profond de mon néant et avec Dieu (ses grâces) je ne voulus plus permettre que ces suggestions pussent s’asseoir dans mon esprit ; j’appelai ma douce Mère MARIE, et mentalement je dis : « Va-t’en, adversaire de mon âme ! La voie qu’a parcourue mon divin Maître est la vraie voie de la vie, et c’est dans celle-là que je veux marcher avec mon divin Rédempteur ; avec mon Dieu je traverserai le monde et l’enfer pour me fixer dans mon Dieu, centre de tous mes amours. »


Mon très Révérend et très cher Père,

Jésus soit aimé de tous les cœurs !

Vous m’avez demandé si, en écrivant ce qu’on appelle ma vie (pleine de péchés), j’ai