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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/140

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VIE DE MÉLANIE

parents. La sœur, par bonheur, n’a rien pris de ton caractère : elle ne laissera jamais sa maison pour les danses, les théâtres et autres divertissements, etc. » Enfin il lui dit que mieux qu’elle, j’avais su coudre le bouton de la chemise…

Le soir mon père partit pour son travail pour ne revenir qu’au bout d’un mois. Eh ! qui pourra jamais imaginer l’irritation de ma chère mère contre moi qui étais cause de tous ses déplaisirs !… C’est avec justice que j’avais mérité toutes ses malédictions et ses menaces de mort, puisque tous les jours de ma vie, je faisais son désespoir. Tous les jours j’avais des reproches pour avoir cousu cet innocent bouton ; tous les jours elle me disait que je n’avais fait cela que pour faire voir que j’étais plus habile qu’elle ; mais qu’elle me ferait payer cher ma vanité.

Par la grâce de Dieu, pendant ce temps de guerre, je ne perdis pas la divine présence ; par l’entendement je baisais chacune des paroles qui étaient pour moi. Un soir, après avoir été habillée de beaucoup de reproches, ma bien chère mère me donna l’ordre de ne plus coucher dans mon lit, mais sous le sien. Sans dire une parole, je fis comme elle avait dit.