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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/134

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VIE DE MÉLANIE

de la grâce : que dans mes joies comme dans mes tribulations je dois tout recevoir, acquiescer au bon plaisir de Dieu, avec un abandon total de mes sens, de mes pensées et de toute ma personne ; enfin qu’il me demandait la transformation de ma volonté en la sienne, la rectitude d’intention dans la foi, et le renoncement (pour moi) aux mérites qui se peuvent acquérir dans l’exercice des vertus ; que les mérites de toutes les peines que je devais souffrir, je devais les offrir au Père Éternel unis à ceux de Jésus-Christ et au Nom de Jésus-Christ au profit de son Église, en même temps que les puissances de l’âme de Jésus-Christ et les mérites de ses sens, pour l’expiation, la purification et la sanctification de tout le Clergé. Tout cela, je le compris instantanément et dans cet instant je ne pouvais que me liquéfier pour un amour si grand.

La neige étant tombée en abondance, je ne pouvais plus conduire mes brebis au pâturage ; je retournai chez mes parents. Mon père, qui se trouvait à la maison, dit avant de se retirer, à ma mère, de m’envoyer à l’école. Donc, chaque matin, le fils de ma mère m’accompagnait à l’école et, le soir, il venait me prendre. La maî-