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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/131

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VIE DE MÉLANIE

Un dimanche, nous allions, selon notre coutume, à N.-D. de Gournier en récitant le chapelet, nous étions environ une douzaine de personnes, quand ma mère arrive en courant, sans mot dire me prend par le bras, me conduit chez elle et m’enferme dans une pièce pendant trois jours. C’est alors qu’une personne voisine vint lui demander si elle pouvait lui donner un de ses enfants pour garder ses brebis. Ma mère lui répondit que si, au lieu d’un de ses garçons, elle acceptait la Muette, elle la lui donnerait. L’offre étant acceptée, je quittai la maison le lendemain pour garder les brebis. J’avais six ans et quelques mois. Je restai là à peu près huit mois ; puis, pendant la saison des neiges, je retournai chez mes parents pour y passer le gros de l’hiver.

L’année suivante, je fus demandée à ma mère par un nouveau maître, encore pour garder les brebis et restai chez lui, comme toujours, tout le temps que les brebis trouvaient du pâturage.

L’année après je fus mise au service d’un troisième maître pour garder un tout petit enfant. Cela fait trois ans que je suis restée en service dans la commune de Corps. Pendant ce temps, mon Dieu ne m’abandonna pas : il m’instruisait amoureusement sur les vérités delà foi, de cette