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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/126

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VIE DE MÉLANIE

pleuvaient, voulut, pour se débarrasser de l’une d’elles qui l’arrêtait, lâcher la main de son Frère ; et, comme elles tombaient toujours avec abondance, bientôt la Louve en eut jusque sur la tête, de sorte qu’elle ne voyait plus son Frère. Elle l’appelait, mais il ne répondait pas. Enfin le jeune enfant eut pitié de sa sœur ; il retourne en arrière et me donne la main au moment où je me croyais perdue. Avec beaucoup de peine nous arrivâmes enfin au bout de cette deuxième demeure et nous approchâmes bientôt d’une troisième qui paraissait ne ressembler en rien à celles que nous venions de parcourir. La porte était d’une blancheur éblouissante et toute brodée en or. « Oh ! Dieu, m’écriai-je, je meurs, je meurs, si cette porte ne tempère pas son éclat, mon Frère, qu’est-ce que cela ? » — « C’est là, me répondit mon Frère, la porte de la Maison de notre Maman ; laissez-là toutes les peines de la terre ; entrez et voyez. » À peine avait-il achevé ces mots, quatre ravissantes vierges ouvrirent avec des chaînes d’or les deux battants des portes qui semblaient en feu, tant la lumière dont elles étaient composées ou qui les entourait était scintillante, agitée et brillante. Ces quatre vierges se prosternèrent devant mon petit Frère