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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/125

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VIE DE MÉLANIE

plaine) tout tapissé en noir et presque partout couvert de croix de différentes grandeurs. De plus, pendant que nous traversions, les croix nous tombaient dessus comme la pluie, et les gens (les Chrétiens) qui habitaient ces lieux ne cessaient de nous injurier… Il nous fallut, me semble-t-il, près de deux heures pour traverser ces salles où nous avions eu beaucoup de peines. Enfin nous vîmes une deuxième porte très vaste qui s’ouvrit devant nous. Des jeunes personnes vêtues d’un blanc nous saluèrent profondément. Nous aperçûmes un espace immense comme tapissé d’un certain blanc, mais les croix y étaient plus grandes encore, plus nombreuses. Ô Dieu ! quelle traversée ! Les gens se réunissaient sur le chemin pour me charger d’injures (ce qui me fut sensible ce fut d’y voir grand nombre de membres du Clergé…) Quelques personnes même voulaient me frapper ; mon Frère regardait tout cela sans rien dire. Mais, je le répète, ce qui m’était le plus sensible, c’était de voir et d’entendre des personnes consacrées à Dieu me dire toutes sortes de choses pour me décourager et me crier : Singulière ! Il y eut un moment très dangereux pour la Sauvage qui, se voyant écrasée par les croix qui

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