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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/124

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VIE DE MÉLANIE

Saint), j’allai, comme à l’ordinaire, passer cette heureuse journée dans les bois. J’avais environ six ans. Je m’étais retirée fort loin. Là j’étais toute pensive et je pleurais de ce qu’on n’aimait pas bien et beaucoup mon bon Jésus. Je demandai à ma Maman de bien, bien me faire souffrir afin de donner l’amour du bon Dieu aux gens qui ne l’avaient pas ; car je croyais que quand mes souffrances augmentaient, l’amour du bon Dieu croissait chez les autres. Aussitôt je vois venir mon Frère, que je n’avais pas vu depuis longtemps, qui me dit : « Sœur, c’est aujourd’hui que nous allons voir notre Maman ». En même temps il me fît asseoir sur un joli petit gazon vert couvert de fleurs, et il étendit sur sa tête et sur la mienne une espèce de voile blanc qui nous couvrait la face, et, en même temps, le gazon parut se détacher et nous voilà partis. Je voulais lever le voile pour voir, disais-je, le chemin afin de savoir ensuite m’en retourner. Mon Frère m’en empêcha et me dit de me laisser conduire et que l’on saurait me ramener. On arriva bientôt près d’une très grande porte ; alors nous nous mîmes debout. La porte s’ouvrit et nous traversâmes un vaste appartement (je serais plus dans le vrai si je disais : une vaste