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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/120

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VIE DE MÉLANIE

J’allai droit à l’autel de la Sainte Vierge, ma maman, pour lui confesser mon récent péché de vol envers Julie (ma mère). C’était la première fois que je pliais les genoux devant une statue. Je priais de tout mon cœur quand tout à coup il me sembla que cette statue s’animait, prenait vie et mouvement, que la face s’illuminait d’une très belle lumière. Sur son bras gauche était mon Frère qui tenait dans ses mains un cadre très brillant : il le regardait, puis le mettait sur son cœur, puis il le regardait de nouveau et le faisait voir à la belle Reine qui, après l’avoir regardé fît un signe à son divin Fils. J’étais toujours à genoux devant l’autel et, bien que l’amabilité, la suavité, la grandissime bonté de la Reine du ciel me poussât à courir vers elle et vers mon Frère, pourtant mon péché de vol et le dégoût que j’avais donné à mon divin Rédempteur pesant sur ma conscience coupable, je faisais des actes sincères de contrition. Je ne sais dire comment, en moins d’une seconde, je fus en face de la belle et toute pure MARIE, la Vierge qui ravit les cœurs, la Vierge de la paix avec Dieu, la Vierge qui guérit les plaies du péché, la Vierge réconciliatrice des pécheurs, et en face de mon amoureux Frère qui regarda