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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/118

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VIE DE MÉLANIE

aussitôt en devoir de parler des choses de Dieu à cette poupée, de lui faire dire le saint Nom de Jésus notre amour, etc. La poupée ne répétait jamais. Je recommençais : « Jésus, Marie... » mais toujours sans succès. Ma mère émerveillée d’entendre, de la pièce voisine, la Muette parler, arrive sans faire de bruit et me demande avec qui je causais. Je dis : « Cette poupée ne veut pas parler, elle n’apprend pas à dire le saint Nom de Jésus… elle ne me plaît pas. » — « Qui t’a donné cette poupée ? » — « Personne ne me l’a donnée, je l’ai achetée avec deux sous que j’ai pris dans votre tiroir. » Entendant cela, ma mère m’enleva la poupée et me gronda très fort, me disant que si je ne me corrigeais pas de tous mes grands défauts, je m’exposais à finir mes jours dans les prisons ; que le vol est un grand péché, la désobéissance aux parents un péché aussi et que certainement Dieu n’était pas content de moi. En entendant dire que mon bon Dieu avait du déplaisir de moi, je pleurai beaucoup, je demandai pardon à ma mère et je lui promis de lui restituer ses deux sous. Mon intention était, quand mon père viendrait, de lui demander deux sous pour les donner à ma mère et je fis comme je l’avais dit.