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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/116

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VIE DE MÉLANIE

le jour de la nuit, car il faisait claire lumière sans ombre ; et je faisais comme Lui, je ne dormais pas. Arrivés presque à la première maison isolée des autres, mon Frère tenant mes souliers à la main me dit : « Sœur de mon cœur, mettez vos souliers, on vient vous prendre, allez chez vos parents. Vous ne me verrez plus de quelque temps, soyez bien sage, etc. N’oubliez pas que vous avez une Mère au ciel que vous irez voir ; elle veille sur vous, elle est avec vous, elle vous entend quand vous parlez, elle voit quand vous souffrez, elle sait quand vous avez faim. Allons, ma sœur, voici que l’on vient vous chercher … » En même temps Il fit quelque pas pour se retirer et disparut. Quelques minutes après ma tante arrive. « Ah ! petite méchante, d’où viens-tu ? me dit-elle, tu as manqué faire tuer ta mère par ton père (mon père n’ayant pu travailler à cause de la grande pluie qui était tombée, était revenu depuis plusieurs jours) ; tu as augmenté la haine de ta mère contre toi ; quand tu arriveras tu es perdue si ton père n’y est pas. En attendant viens chez moi et je m’informerai si ton père est à la maison pour que je puisse t’y conduire. » À son retour elle me dit : « Ta mère ne te veut plus, ton père m’a chargée de toi. »