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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/110

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VIE DE MÉLANIE

âme, ma volonté absorbée en Lui était sans volonté. Mais il vaut mieux que je ne parle pas de ces choses que je ne sais pas exprimer.

La maladie faisait son chemin ; mes parents étaient tristes, affligés. Je dois dire qu’en famille le médecin ne fut jamais appelé parce qu on avait en général horreur des médecins. Un jour mon père dit à ma mère : « Cette petite doit avoir quelque mal intérieur, voyez comme elle a maigri, nous ne pouvons pas la laisser ainsi, nous devrions appeler le médecin pour la faire visiter, » Entendant cela je fus épouvantée. (Je n’aimais pas que personne me touche.) Ne pouvant pas parler, je fis signe avec la main, avec la tête que non, non !… Après une heure environ, je pus dire à mon père que je me sentais mieux et que je n’avais pas besoin du médecin. Ainsi je fus contentée et je rendis grâce à l’Amour de mon amour.

Après trois ou quatre mois les douleurs diminuèrent un peu, et aussitôt que je pus mouvoir mes bras je fis le signe de la sainte croix, comme me l’avait enseigné mon aimable Frère et un acte de total abandon dans les mains de mon créateur et sauveur. Subitement je vis par l’intelligence la grande Reine et impératrice MARIE, mère du bel