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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/109

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VIE DE MÉLANIE

quelques pénitences cachées, me préoccupait… Vivent les croix de la divine Providence ! Il n’y avait que deux ou trois jours que j’étais à la maison, lorsqu’il me vint une bonne maladie qui dura cinq ou six mois et me réduisit à l’extrémité : j’avais des sueurs et de fortes douleurs dans tout le corps ; j’étais devenue si faible que souvent je m’évanouissais et, quand on me sortait du lit, je ne tenais pas debout. Les personnes qui venaient disaient que dans deux jours je serais morte. Je m’en réjouissais, pensant qu’au ciel au moins j’aimerais à mon aise mon Tout et que je ne l’offenserais jamais plus ; j’étais seulement ennuyée de ne pouvoir souffrir plus longtemps pour Lui. Dans un tel état de faiblesse, ne pouvant rien faire, pas même prier, j’eus un peu de crainte que mon Amant Jésus ne se déplût de moi à cause de mon inaction et peut-être aussi mes infidélités. Oui, j’étais très contente de souffrir en cette maladie, mais j’aurais voulu être coupée en morceaux pour prouver mon amour à mon Jésus. Bien que, dans une telle faiblesse, je ne pusse faire aucun acte de dévotion extérieure, ma pensée toute en Dieu et, par moments, le sentiment de sa présence fixaient merveilleusement les puissances de mon

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