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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/104

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VIE DE MÉLANIE

écrasée, broyée sous les effets des grandes miséricordes du Très-Haut pour ce ver de terre ; je m’écriai : « Si j’appartiens à mon Seigneur, créateur et Sauveur tout-puissant, avec le secours de mon Dieu, me servant de son éternelle volonté, je veux lui témoigner ma vive reconnaissance par des souffrances qui dureront toute ma vie, et marcher dans la voie de la vérité et de l’unité avec mon Seigneur Jésus et toujours avec mon Dieu (je voulais dire avec la grâce de Dieu, mais je ne connaissais pas ce mot). Je préfère la croix à la gloire de tous les Saints ! » Mon petit Frère se montra ; levant les yeux au ciel il dit en s’approchant de moi : « Quelle est la faveur que désire cette si mesquine créature ? » Mentalement je répondis : « Avec la volonté de la Lumière Éternelle, je demande sa plus grande gloire par la voie du crucifiement avec mon Dieu. » À l’instant mon tout amoureux petit Frère souffla sur mes lèvres, puis mit ses deux petites mains sur ma tête, aussitôt je sentis de fortes douleurs ; puis il mit sa droite sur ma main droite qu’il pressa, puis sur ma main gauche, sur mes pieds et sur ma poitrine, cela suffit, je ne puis dire plus. Oh ! vrai enivrement tout à la fois douloureux et amoureux de l’être vivant qui se meurt !