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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/102

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VIE DE MÉLANIE

souffrances. J’étais à genoux, je m’étais donnée à Dieu, mais au fond de mon âme, j’avais peur de moi si tant soit peu les effets de la grande lumière m’abandonnaient et ne subordonnaient pas toutes les puissances de mon âme à son amour dévorant. Sur cela je fis le signe de la croix, et mon Frère se montra présent mais plus grand qu’à l’ordinaire, comme toujours très amoureux, amoureux comme l’amour dans le lys. Il était vêtu comme les prêtres quand ils offrent le saint Sacrifice de la Messe (et comme plusieurs années après je vis un Prêtre, la première fois que j’entrai dans une église, pour entendre la Messe). Il était tout resplendissant et attrayant, etc., etc. Je ne puis exprimer son amoureuse beauté. Sur sa poitrine était comme un cœur ouvert par des dards enflammés. De ce cœur sortaient avec empressement, comme d’un foyer ardent, pacifique et amoureux, des rayons lumineux. Mon Frère porta sa main sur cette plaie ardente et, avec deux doigts, il en retira un petit rond très blanc, très brillant, sur lequel il y avait son portrait vivant. Je dis portrait, mais je suis mieux dans la vérité en disant que je le voyais en deux : disant la messe, c’était mon doux Frère ; dans le petit rond c’était également tout mon